Excision

Excision : Les solutions alternatives à la pratique

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LES REALITES DE L’EXCISION DANS LE SUD-OUEST DU BURKINA

INTRODUCTION GENERALE

Les mutilations génitales féminines constituent une des pratiques ancestrales répandues au Burkina Faso et demeurent un problème de santé publique. Vue  l’importance et la gravité du fléau, les autorités administratives et politiques en ont fait une préoccupation à travers le Comité National de Lutte contre la pratique de l’Excision (CNLPE) et le Programme National de Lutte contre la pratique. Depuis 1990, les autorités politiques, religieuses, coutumières, les associations et surtout des associations de femmes et autres  mouvements de droits de l’homme et des groupes socioprofessionnels se sont engagés à travers des actions multiples dans la lutte pour l’abandon de la pratique. En 1996, malgré l’adoption et l’application de la loi réprimant la pratique, des études ont révélé qu’il ya une tendance à la baisse du taux (45%) de prévalence de la pratique mais qu’elle demeure,  se poursuit dans la clandestinité et connaît des mutations diverses d’une localité à une autre.

Elle connait une persistance déconcertante particulièrement en milieu rural dans nombreux villages la région du Sud-ouest où des « poches » de résistance contre l’abandon total de la pratique sont visibles. Des bébés, des fillettes, des femmes subissent toujours cette pratique néfaste à leur santé.

Fort de ce constat, l’Association pour la Promotion Féminine de Gaoua (APFG), depuis sa création en 1992 a entrepris de larges campagnes de sensibilisation sur les pratiques néfastes à la santé de la femme en général, de la petite fille en particulier et a fait  de la lutte contre la pratique de l’excision son cheval de batail. Les résultats auxquels elle est  parvenue  dans la lutte contre la pratique de l’excision dans la province du Poni sont entre autre:

      la reconversion de plus de trente trois (33) exciseuses dans la province du Poni ;

       le dépôt des couteaux au musée  de Gaoua par les ex-exciseuses en 2004 ;

      La création d’une association dénommée «  Si Farès Kala » qui veut dire en lobiri «  l’abandon des couteaux »…..

Malgré les efforts déployés,  la persistance sur le terrain de ce fléau interpelle l’association qui se pose les questions de savoir : pourquoi cette pratique persiste ? Pourquoi ceux qui la pratiquent  ne veulent point abandonner? Quelles sont les approches adéquates pour juguler ce problème ?

Pour répondre efficacement à ces inquiétudes et dans  le souci de mieux comprendre et appréhender la persistance du phénomène de la pratique de l’excision dans la région du Sud-ouest, l’association a commandité une enquête dans les vingt huit (28) communes que compte la région.

            Il s’agit pour cette enquête ,de mener des investigations pour une connaissance des raisons qui font que ce fléau persiste  dans certains villages et fournir des données actualisées et fiables  en vue de réorienter les stratégies de lutte  pour un abandon total de la pratique dans la région du sud-ouest, car les dégâts que cause la pratique de l’excision sur les populations en général, les femmes et les filles  en particulier ne sont plus à démontrer au regard des conséquences qu’elle engendre. L’enquête a duré quatre (04) mois (février, mars, avril, mai 2012), selon un chronogramme qui a été respecté malgré quelques difficultés.

CHAPITRE I : ASPECTS THEORIQUES

I.1 PROBLEMATIQUE

En Afrique les maladies tuent, mais l’ignorance tue encore plus. Malgré les campagnes de sensibilisation et les efforts entrepris pour la promotion de la femme au niveau national, on constate que les femmes rurales du Burkina Faso, sont peu touchées par ces campagnes et qu’elles ont peu de pouvoir de décision dans de nombreux domaines qui les concernent directement. Elles sont le plus souvent mises en marge des mutations d’ordre économique, social, éducationnel et culturel. Au nombre des fléaux dont sont victimes les femmes, surtout celles rurales, il ya la pratique de l’excision.

Les  dégâts que cause la pratique de l’excision sur les populations sont nombreux et constituent une menace à l’épanouissement de la femme en générale et de la jeune fille en particulier.

L’ablation du clitoris constitue  le moindre mal, car au delà de l’ablation, les rituels qui entourent cette pratique sont néfastes à la santé de celles qui en sont victimes.

Que faire quand, malgré les multiples sensibilisations, nous n’avons aucun indicateur de l’existence ou de la non existence du fléau qui met la femme, la jeune fille en danger ?  Faut-il, ou ne faut-il pas réagir ? Si on ne réagit pas on est de mauvaise foi car on nie par là, l’existence du problème. Si on réagit,  c’est  par choix véritable et surtout par détermination et par engagement pour l’éradication total de ce fléau.

 

Les conséquences de l’excision ne sont plus à démontrer au regard des méfaits de la pratique.

Depuis quelques décennies et ce, malgré les efforts et les avancées, la lutte contre la pratique de l’excision reste délicate et pleines d’embûches.

L’association pour la promotion féminine de Gaoua (APFG) depuis sa création en 1992, a entrepris de larges campagnes de sensibilisation sur les pratiques néfastes à la santé de la femme et de la petite fille.

 De ces pratiques, on peut citer entre autres, la dote, le lévirat, l’enlèvement de la fille, les mariages précoces et forcés et surtout la pratique de l’excision. Ainsi, les résultats auxquels l’association est  parvenue  dans la lutte contre la pratique de l’excision dans région du Sud-Ouest et particulièrement dans la province du Poni sont :

      la reconversion de plus de trente trois (33) exciseuses dans la province du Poni ;

       le dépôt des couteaux au musée  de Gaoua par les ex-exciseuses en 2004 ;

      La création d’une association dénommée «  Si Farès Kala » qui veut dire en langue lobiri   «  l’abandon des couteaux ».

I.1.1  Hypothèses de l’enquête

Trois (03) hypothèses ont permis de mener notre enquête dont :

a)     Une Hypothèse centrale basée sur la réflexion ;

vPourquoi y a t-il toujours des résistances à l’abandon total de la pratique de l’excision ?

b)     Et deux (02) Hypothèses  secondaires à  savoir ;

vPourquoi ceux qui la pratiquent  ne veulent point abandonner?

vQuelles sont les approches adéquates pour juguler ce problème ?

 Le phénomène de la pratique de l’excision  qui fait partie du vécu quotidien de nos populations  ne peut être mieux compris et traité qu’à partir des résultats d’investigation impliquant tous les acteurs. C’est ainsi que l’APFG a  choisi de mener cette recherche dont le but est de savoir s’il ya des possibilités d’y remédier définitivement au moment où notre pays est beaucoup impliqué dans la lutte contre ce fléau.

C’est pour répondre efficacement à ces inquiétudes que nous proposons une enquête sur les ‘’raisons de la résistance à l’abandon total de la pratique de l’excision dans la région du Sud-Ouest’’.

I.2  OBJECTIFS DE L’ENQUETE

I.2.1  Objectif général

            La présente enquête vise à parvenir à l’abandon total de la pratique de l’excision dans la région du sud-ouest.

 

            I.2.2 Objectifs spécifiques

Cette enquête a pour objectifs spécifiques de :

·         Identifier les raisons et les fondements liés à la  persistance de la pratique de l’excision dans les différentes provinces de la région du Sud Ouest ;

·         Identifier les localités qui font une résistance à l’abandon de l’excision ;

·         Mettre en place un nouveau mécanisme de conscientisation des populations en tenant compte des spécificités de chaque zone ;

·         Mettre à la disposition des autorités et des acteurs de développement, des données fiables relatives à la pratique de l’excision dans la région du  sud-ouest.

·         Orienter les actions de lutte contre la pratique vers les zones ciblées.

Comme résultats attendus à la fin de l’enquête, il est question de rechercher les raisons qui soutiennent  la persistance de la pratique de l’excision dans la région du Sud-ouest et de déceler les localités les plus exposées.

 

I.2.3 CLARIFICATION CONCEPTUELLE

Excision : mutilation qui consiste en une ablation rituelle du clitoris et parfois des petites lèvres.

Pratique : activités concrète historiquement déterminée des hommes qui s’attache aux faits à l’action, aux comportements et  à la façon d’agir.

Pratique de l’excision : activités concrète historiquement déterminée des hommes qui s’attache à l’action de mutilation qui consiste en une ablation rituelle du clitoris et parfois des petites lèvres.

Résistance : action de s’opposer de résister à quelque chose ou à quelqu’un ; capacité à résister à une épreuve ; c’est tout ce qui fait obstacle à…

Abandon : Action d’abandonner de quitter, de cesser ; fait de renoncer à poursuivre quelque chose.

Résistance à l’abandon total de la pratique: action de s’opposer, de renoncer définitivement à l’action de mutilation génitale féminine.

CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE

II.1 L’UNIVERS DE L’ENQUETE

II.1.1 le cadre de l’enquête

Le cadre de l’enquête est le milieu dans lequel le problème sévit, et l’objet de l’enquête est étudié. Pour ce travail nous nous sommes intéressés au milieu géographique de la région du sud-ouest. Avant de révéler cette entité, nous donnons un aperçu général sur le Burkina-Faso.

II.1.1.1 Généralités sur le Burkina-Faso

Le Burkina Faso est un pays sahélien situé en Afrique de l’Ouest. Il compte plus de 13 000 000 million d’habitants avec une superficie de 274 000 km2. Le pays est  divisé en région (13), en province (45), en communes et département (351 communes).

II.1.1.2 Le milieu de l’étude

La région du Sud-ouest, est située à l’extrême sud-ouest du Burkina Faso. Elle compte quatre (4) communes urbaines, vingt quatre (24) communes rurales, mille quarante sept (1 047) villages et vingt sept (27) secteurs. Des quatre provinces, la province du Poni, avec une superficie de 7 514 Km²,  est la province la plus vaste de la région, suivie de la province du Ioba avec une superficie de 3 272 Km ². Les plus petites sont celle du Noumbiel  et de la Bougouriba avec chacune :     2 868 Km². En termes de populations, la région comptait en 2010,        687 826 habitants avec 48,01% d’hommes contre 51,99% de femmes. Les principales langues parlées dans la région du Sud-Ouest sont le lobiri (33,68%), le dagara (33,14%), le Morée  (6,94%), le dioula (2,49%) et le fulfuldé (2,15%).Les principales activités sont : l’agriculture, l’artisanat , le commerce et l’élevage.

La population de la région du Sud-Ouest est à majorité analphabète et un grand nombre de familles vivent en milieu rural, sont vulnérables . La famille est caractérisée par son élargissement à la polygamie, et le nombre important d’enfants. Les pesanteurs socioculturelles freinent l’épanouissement de la femme, surtout celle du milieu rural.

II.1.1.3 Le milieu institutionnel

Le Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale (MASSN), est le ministère de tutelle chargé des questions liées à la pratique de l’excision.

Il a été crée un secrétariat permanent  et un comité national de lutte contre la pratique de l’excision. Il en est de même au niveau décentralisé où un comité régional de lutte contre la pratique de l’excision et un comité provincial de lutte contre la pratique de l’excision  dont l’un des objectifs est de contribuer à la promotion de l’abandon de la pratique de l’excision.

 Certaines organisations dont les différentes coordinations des femmes restent des acteurs clés dans la lutte contre la pratique de l’excision dans la région et œuvrent dans l’appui institutionnel.

II.2  POPULATION DE L’ENQUETE

La population de notre enquête est constituée comme suit :

Deux cent quatre vingt (280) personnes ont été enquêtées dont cent trente trois (133) femmes qui représentent 47 % des enquêtés et cent quarante sept hommes (147) hommes soit 52% des enquêtés, repartis sur l’ensemble des 28  Communes de la région du sud-ouest.

II.3 Echantillonnage et taille de l’échantillon

II.3.1 Echantillonnage

Le principe que nous avons adopté est de retenir un nombre important et significatif de la population qui puisse nous permettre d’obtenir des informations nécessaires. A cet effet, nous avons retenu deux cent quatre vingt (280) hommes et femmes pour l’administration d’un questionnaire.

II.3.2 Taille de l’échantillon

Les critères et les objectifs de l’enquête  nous ont permis de constituer un échantillon d’enquête de  deux cent quatre vingt (280)  personnes reparties dans les vingt huit (28) communes ainsi qu’il suit :

Tableau1 : zones de couverture de l’enquête

Province

communes

Nombre d’enquêteurs par province

Nombre d’enquêtés par commune

Total enquêtés/

province

Bougouriba

Diébougou, Dolo, Bondigui, Nioronioro, Tiankoura

05

10

50

Ioba

Dissin,Dano,Ouessa, Oronkua, Koper,Niégo,Guéguéré,

Zambo.

08

10

80

Noumbiel

Batié,Boussoukoula, Kpéré,Legmoin, Midebdo

05

10

50

Poni

Bouroum-Bourum, Boussera,Djigouè, Gaoua, Gbomblora, Kampti, Loropeni, Malba, Nako

10

10

100

TOTAL REGION

28

 

280

Source : enquête de terrain APFG fev.mai2012        

II.4 STRATEGIES DE COLLECTE DES DONNEES

          La stratégie préconisée et utilisée par l’APFG pour la réussite de l’enquête, a consisté à travailler en collaboration avec les différentes coordinations communales, provinciales et régionale des femmes.

II.4.1 techniques et instruments de collecte des données

          Notre enquête à nécessité le recours à des instruments et techniques de collecte de données tels ; le questionnaire, le guide d’entretien et l’approche participative.

L’approche participative

              L’enquête était basée sur l’approche participative, avec l’implication de femmes issues du milieu d’enquête (enquêteurs endogènes) et connaissant les réalités sur le terrain. Les enquêteurs sont des personnes ressources désignées par les coordonatrices de chaque commune. Chaque enquêteur a participé aux différentes rencontres d’information et de formation relatives à l’enquête, sur les différentes techniques d’enquête et de manipulation des données  collectées.

        Les activités de supervision de l’enquête étaient elles assurées par les différentes coordonatrices communales, provinciales et régionales, en collaboration avec l’APFG.

       Quant aux activités de coordination, elles ont été assurées par l’APFG avec  l’appui-conseil d’un assistant social et de la Direction Régionale de la Promotion de la Femme.

La collecte des données de l’enquête s’est faite dans les villages des  communes des quatre provinces par quotas  selon une répartition proportionnelle des enquêteurs liée au nombre de communes par province conformément au  tableau suivant :

Tableau 2 : répartition chiffrée des enquêteurs et des enquêtés

N°Ordre

Province

Nombre de communes

Total enquêtés

01

Bougouriba

05

50

02

Ioba

08

80

03

Noumbiel

05

50

04

Poni

10

100

TOTAL

28

280

Source : enquête de terrain APFG fev.mai2012

II.4.2 la collecte des données

a)-L’enquête de terrain

L’enquête proprement dite a consisté à utiliser un type de support de collecte de données: il s’agit du questionnaire d’entretien individuel administré à tous les enquêtés. Ce questionnaire comprend huit (08) sections qui ont permis de collecter les informations selon les objectifs de l’enquête. Aussi, cette enquête terrain à été réalisée de février à mai 2012 par vingt huit (28) enquêteurs issues des différentes communes, sous le contrôle des coordonatrices régionale, provinciales et communales.

b) Technique de traitement des données

Le traitement des données à consisté au dépouillement manuel des questionnaires administrés aux enquêtés. Les informations recueillies ont été acheminées par les coordonnatrices communales et provinciales, à l’équipe de traitement des données basée au siège de l’APFG.

II.5 Difficultés rencontrées et limites de l’enquête

II.5.1 Difficultés rencontrées

La collecte des données sur les mutilations génitales féminines s’est déroulée de février  à mai 2012. Bien que l’enquête ai été exécutée dans les délais, elle a connu quelques difficultés liées au :

      Critères de choix des enquêteurs et enquêtrices : le niveau des enquêteurs n’était pas imposé ni harmonisé. Libre choix a été donné à chaque coordonnatrice communale de désigner les enquêteurs issus du milieu d’enquête dans chaque commune, si bien que le niveau des enquêteurs était disparate d’une commune à une autre. 

      A la collecte des données : en raison du démarrage des travaux champêtres, les enquêteurs  sur le terrain ont connu des difficultés liées à la collecte à cause de non disponibilité de certains enquêtés. 

      Entre autre difficultés il ya le refus de certains enquêtés de répondre à certaines questions.

II.5.2 Limites de l’enquête

L’Insuffisance de moyens financiers n’a pas permis de couvrir un grand nombre de villages par commune pour approfondir les informations liées à la collecte. Le manque de collecte de données en focus groupe aurait été un cadre adéquat de collectes d’informations à travers les débats contradictoires pour mieux appréhender certains aspects liés à la pratique de l’excision.

CHAPITRE III : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS

III.1 PRESENTATION, ANALYSE DES RESULTATS

III.1.1 caractéristiques sociodémographiques (des enquêtés)

La collecte d’informations relative à la pratique de l’excision dans la région du sud-ouest, même si elle a porté sur un échantillon d’enquêtés a tenu compte du genre, de la situation matrimoniale, de  la profession et du niveau d’instruction diversifié des enquêtés.

Tableau 3 : répartition des enquêtés selon le genre

Sexe

effectif

pourcentage

Hommes

147

53%

femmes

133

47%

total

280

100%

Source : enquête de terrain APFG (fév.mai 2012)

 

 

Tableau 4 : répartition des enquêtés selon la situation matrimoniale

situation matrimoniale

effectif

pourcentage

célibataires

152

54,29%

Marié(es)

98

35%

divorcés

05

1,79%

Veufs (ves)

25

8 ,92%

TOTAL

280

100%

Source : enquête de terrain APFG (fév.mai 2012)                                                                                                                                                                                    

Tableau 5: répartition des enquêtés selon la profession exercée

Profession

effectif

Pourcentage

Cultivateurs

64

22,86%

Elèves

44

15,71%

Fonctionnaires

17

6,07%

Ménagères

72

25,71%

Retraités

04

1,44%

Artisans

02

0,71%

Ouvriers

02

0,71%

Commerçants 

05

1,80%

Coordinatrices

06

2,15%

CVD

07

2,5%

Conseillers municipaux

13

4,64%

Chefs de terre, religieux coutumiers

13

4,64%

Associations 

02

0,71%

Autres 

29

10,35%

TOTAL

280

100%

Source : enquête de terrain APFG (fév.mai 2012)

Tableau 6 : répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction

N° Ordre

Niveau d’instruction

Nombre d’enquêtés

Pourcentage des enquêtés

01

primaire

81

28,92%

02

Alphabétisés en langue

89

31,79%

03

secondaire

77

27,50%,

04

illettrées 

28

10%

04

supérieur

05

01,78%

TOTAL

280

100%

Source : enquête de terrain APFG (fév.mai 2012)

 

    Ces quatre (04) tableaux, nous fournissent des informations sur le genre, la situation matrimoniale, la profession et le niveau d’instruction des personnes enquêtés. L’échantillon a privilégié un nombre élevé d’hommes enquêtés par rapport aux femmes.

     Cette proportion élevée des hommes enquêtés est due au fait que dans la région du Sud-Ouest, le pouvoir décisionnel dans les familles est dévolu aux hommes et la pratique de l’excision ne peut se faire sans leur autorisation, leur avis ou leur complicité. Par exemple l’autorisation symbolique de 20 cauris ou 5 francs de l’excision  est donnée par les chefs de ménages, qui accompagnent souvent les exciseuses avec des vivres ou des animaux pour les sacrifices et les rituels liés à l’excision.

Quant aux données relatives à la situation matrimoniale des enquêtés ; elles sont diversifiées et se présentent comme suit : sur les 280 personnes enquêtés, on note :

Cent cinquante deux (152) mariés soit : 54,29% du nombre total des enquêtés, quatre vingt dix huit (98)  célibataires soit :35%,  cinq (05) divorcés (es) soit : 1,79% et vingt cinq (25) veufs (ves) soit ; 8,92% des enquêtés. Le nombre élevé des enquêtés mariés a permis d’avoir une vision élargie de la pratique, car la majorité des enquêtés mariés vivant avec des enfants dont des filles est victime  d’une manière ou d’une autre la pratique de l’excision. La prise en compte d’une représentativité de toutes les couches socioprofessionnelles a permis de toucher des personnes ressources et de recueillir leurs points de vu sur la pratique ,les rites ,les facteurs motivant la pratique et les actions à envisager dans la  de lutte.

Le niveau d’instruction des enquêtés est diversifié et a concerné tous les niveaux et couches sociales, repartis dans les quatre provinces. Parmi les deux cent quatre vingt personnes enquêtées, quatre vingt une (81) personnes ont un niveau primaire soit  28,92% des enquêtés, soixante dix sept (77) ont un niveau secondaire soit 27,50%, cinq (05) ont un niveau supérieur soit 01,79% et quatre vingt neuf (89) alphabétisés en langue soit 31,79%. Seulement vingt huit (28) personnes enquêtées sont illettrées soit un taux de  10% du total des enquêtés.

III.2 INTERPRETATION DES RESULTATS

III.2.1  CONNAISSANCE DE L’EXCISION 

Les questions administrées ont permis de déterminer le niveau de connaissance des enquêtés de la pratique et ont permis également de renseigner les canaux d’information sur la pratique. Au regard du taux très élevé des bonnes définitions de l’excision, 66,42% des enquêtés ont pu donner une bonne définition de l’excision  contre 27,50% de mauvaises réponses. Ce qui montre que la pratique de l’excision n’est plus un phénomène nouveau aussi bien en ville qu’au village. Seulement 17 personnes soit 6,08% disent n’avoir aucune connaissance sur la pratique. 

Quant aux canaux d’information des enquêtés sur la pratique, ils sont multiples et diversifiés.

Sur les deux cent quatre vingt (280) personnes enquêtées, on constate qu’a la majorité, les enquêtés  ont entendu parler de l’excision à travers les mêmes canaux. Si l’on doit  classer les canaux d’information, c’est la sensibilisation par les associations qui est la dominante. Un total de  43,92% ont entendu parler de la pratique de l’excision à travers la sensibilisation par les associations et ONG, s’en suivent respectivement le radio de 28,21% à travers les connaissances, 08,29% des enquêtés ont entendu parler de la pratique de bouche à oreilles et 06,66% des enquêtés par les journaux.

         Du total des enquêtés, seulement trente six (36) personnes soit 12,85% des enquêtées, ont précisé qu’elles ont entendu parler de l’excision par : la télévision, le théâtre, les formations, les rencontres, à l’école, les causeries débats, les formations professionnelles, les connaissances personnelles (périodes d’excision depuis mon enfance), le ciné débats, les films, les témoignages et  les informations par les parents.

            En ce qui concerne les connaissances des enquêtés sur les conséquences de la pratique de l’excision, les questionnaires  ont permis de recueillir les points de vues des enquêtés sur  les effets néfastes de la pratique qui constituent un danger à la santé des excisés, au-delà des souffrances que celles-ci endurent. Ces conséquences sont multiples et connus de la majorité des enquêtés. Sur les deux cent quatre vingt enquêtés, cent soixante quinze soient 62, 50 % des enquêtés ont des connaissances précises sur les multiples conséquences de la pratique. Ce sont : les douleurs vives, le choc psychologique, le VIH/SIDA,  la perte de la vie humaine.

III.2.2 PERCEPTION DE LA PRATIQUE DE L’EXCISION PAR LES DIFFERENTS ACTEURS

A l’unanimité, les enquêtés  soient 98,92%, affirment que l’excision est une pratique dégradante et la condamnent avec énergie. Une minorité des enquêtés soit 01, 78%, a dis que l’excision est une bonne pratique. Les explications possibles à cela, seraient peut être des points de vu de personnes très âgés ou conservateurs de la tradition.

    III.2.2.1  Les raisons du maintien de la pratique

Malgré les efforts déployés pour lutter contre la pratique de l’excision, malgré la loi réprimant l’excision, la question se pose de savoir quels sont les facteurs qui sous-tendent l’existence de cette pratique. Selon les informations recueillies auprès des enquêtés, les principales raisons seraient entre autre :

III.2.2.2 Les us et coutumes, la tradition

Dans certaines localités du sud-ouest, l’excision est une épreuve de la vie, une initiation pour les filles et toutes doivent passer par-là pour devenir une femme. C’est aussi un acte de bravoure, d’affirmation de soi en tant que fille.

Témoignage : « le jour de l’excision, la fille doit d’elle-même s’installer sur la pierre, pendant l’opération, aucun membre ne doit bouger, aucun cri, aucun gémissement. Une fois le clitoris tombé dans le trou, la fille doit bondir en se relevant ».Extrait d’un témoignage d’une enquêtée.

Cela pour traduire la bravoure, le courage de la jeune fille à travers l’épreuve de la pratique de l’excision.

   Certains enquêtés ont souligné que la fille non excisée  est exclue de certaines cérémonies liées à la tradition : Par exemple dans certaines localités du sud-ouest, il ressort que la fille non excisée ne prépare  pas le  « dolo sacré (dolo de fétiche)», ne participe pas aux cérémonies coutumières.

 

III.2.2.3 Les préjugés ou considérations sociales 

De nombreux préjugés incitent à la pratique de l’excision car certains pensent que le «  clitoris contient des vers, et peut tuer le bébé à la naissance ». D’autres estiment que la fille non excisée est frivole et infidèle.

De l’analyse de ces points de vue, on peut conclure que la pratique de l’excision est aussi une volonté de la communauté de contrôler la sexualité de la femme. Ces affirmations considèrent l’excision comme une forme d’expression et d’affirmation de la femme dans la société traditionnelle. Conservation de la mentalité des anciens.

III.2.2.4 Le poids de la religion 

Nombreux sont ceux qui prônent pour le maintien de la pratique parmi les musulmans enquêtés. Pour ces fanatiques au nom du respect des principes de la religion musulmane, c’est une  obligation,  car l’excision évite l’adultère selon le coran. Une telle conception dénote l’ignorance, le  manque de conviction de l’abandon total de la pratique de l’excision de ces religieux et relève du fanatisme.   

A cela s’ajoute l’analphabétisme, la valorisation de la femme, les moqueries car la  fille non excisée est considérée comme un  garçon dans certains villages reculés (hameaux de culture).

            Au regard des conséquences connues de la pratique, 97% des enquêtés la condamnent, car selon eux, cette pratique porte préjudice à la femme, empêche son épanouissement, dévalorise la fille et engendre beaucoup de conséquences négatives à la santé de la femme en général et de la + jeune fille en particulier.                   

III.3 LES RAISONS DE LA PERSISTANCE DE LA PRATIQUE DE L’EXCISION

Les conséquences de la pratique de l’excision étant connues de tous, malgré les efforts déployés par les associations, les groupements et ONG pour lutter contre la pratique de l’excision, les interrogations quant à la persistance de la pratique se posent. Les principales raisons de la persistance de la pratique recueillies de l’enquête seraient entre autre :

III.3.1 Le poids de la tradition et de nos coutumes.

        L’une des raisons de la persistance de la pratique de l’excision dans la région du Sud-Ouest  est l’attachement à outrance à la tradition. Les coutumes  recommandent la pratique de l’excision. A cela s’ajoute la croyance  aux mythes coutumiers (fétiches) : Témoignage d’exciseuse : « C’est un fétiche qui m’a amené à faire l’excision, à travers des révelations ; car, lorsque ma  grand-mère exciseuse est décédée, elle  a voulu que sa fille que je suis l’a remplace et qu’on  me remette le couteau avec lequel elle excisait ».

III.3.2 La mentalité et les préjugés des différents acteurs

          La réfraction aux changements, la pauvreté, l’ignorance et le manque de conviction des acteurs sur les conséquences néfastes de l’excision sont aussi des raisons qui concourent à la persistance de la pratique. Les injures, les moqueries, la  prise de gout à l’habitude, le poids de la culture, constituent aussi  des facteurs qui font que la pratique de l’excision dans la clandestinité persiste surtout en milieu rural.

        III.3.3 Les pesanteurs socioculturelles

          La complicité des hommes dans les rituels de la pratique de l’excision est telle que des sanctions doivent aussi être prises autant pour les exciseuses que pour les chefs de ménages des exciseuses.  Car l’autorisation d’exciser dans une concession est donnée par le chef de ménage. Le père est celui là qui est le mieux placé pour refuser ou non qu’on excise ou pas sa fille. Elle ne peut se faire ans le consentement du père.

III.3.4 Les raisons économiques

        Entre autres facteurs, on peut citer l’état de pauvreté de certaines femmes qui font de l’excision une activité commerciale génératrice de revenus. Les  exciseuses tirent leurs revenus des dons en nature et en espèce reçus des parents des excisés. Ces dons souvent symboliques, sont considérés comme frais liés à la pratique de l’excision.  

Témoignage d’une ancienne exciseuse : « Ce sont mes grands-parents qui menaient cette activité. Quand je me suis mariée, ma première fille est morte. Après consultation, il est ressorti que je dois installer impérativement le fétiche de l’excision. J’ai fait les différents sacrifices  et j’ai préparé du dolo pour informer la population que j’ai accepté de prendre le couteau (d’être exciseuse) ».Avec les sensibilisations, j’ai voulu arrêter l’excision  et les fétiches sont venus à la charge. J’ai failli perdre ma vie. J’ai recherché les  moyens pour les adorer et ils m’ont laissé en paix. C’est ainsi que j’ai abandonné définitivement l’excision ».

En plus de ces facteurs, il ya l’inadaptation des stratégies de sensibilisation dans certains villages, la complicité de la population qui ne dénonce pas les exciseuses, et le changement de formes de la pratique. Elle se fait de manière cachée, clandestine, que l’on ne peut pas découvrir, et souvent au-delà des frontières.

L’une des raisons, pas des moindres qui fait que ce fléau persiste, est le manque de rigueur dans l’application des peines aux exciseuses, surtout celles récidivistes. Préconiser de lourdes peines pour dissuader les exciseuses. 

 Au regard des multiples raisons qui font que la pratique de l’excision persiste toujours dans la région du sud-ouest, quarante trois (43) personnes enquêtées soient 15,35% des enquêtés ont déclaré avoir connaissance des individus dans leur village qui prétendent que l’excision est une bonne chose à encourager. Cette minorité de gens qui prétendent que l’excision est une bonne chose à encourager  serait probablement des détenteurs de la tradition ou des responsables religieux musulmans. Car avec les multiples sensibilisations des associations, des ONG, il serait surprenant que des personnes affirment que l’excision est une bonne chose à encourager (cf. les raisons de la persistance de la pratique).  

III.4 Degré d’engagement des acteurs dans la lutte contre la pratique.

         Malgré les moyens modestes de lutte contre la pratique par les différents acteurs, on constate une prise de conscience et un engagement à des degrés disparates. Du total des enquêtés, cent soixante dix sept personnes (177) soient soixante quatre pour cent (64%) estiment que les autorités administratives, les chefs religieux et traditionnels, les ONG et Associations dans la région du Sud-ouest sont beaucoup engagés dans la lutte contre la pratique de l’excision. L’unité de mesure de leurs appréciations est le  fait qu’il n’ya plus d’exciseuses dans certaines localités de la région du sud-ouest, mais aussi  ils estiment que beaucoup de moyens ont été mis par ces acteurs pour les résultats auxquels nous sommes parvenus comparativement aux années 1990.

           Il en est de même pour ceux qui pensent que ces acteurs sont assez engagés au regard de leur implication dans la lutte contre ce fléau. 

Tableau 7 : degré d’engagement des acteurs dans la lutte

Degré d’engagement des acteurs

Réponses des enquêtés

Pourcentage

Beaucoup 

177

64 %

Assez       

61

22%

Peu 

42

14%

TOTAL ENQUETES

280

100%

 

Ceux qui pensent  que les autorités administratives, les chefs religieux et traditionnels, les ONG et Associations dans la région du Sud-ouest sont peu engagés dans lutte, justifient leur point de vu par le fait qu’il ya une timidité dans la sensibilisation jusqu’ à la répression. A cela s’ajoute, le non suivi des acteurs engagés sur le terrain, l’insuffisance des moyens matériels, logistiques et financiers.

III.5 Zones de résistance à  l’excision dans la région du Sud-ouest.

Malgré les différents acteurs engagés dans la lutte contre la  pratique de l’excision, malgré l’adoption de loi réprimant l’excision, on constate que l’excision se pratique dans la région du Sud-ouest mais dans la clandestinité. Elle a même changé de forme dans certaines localités. D’une province à une autre, on constate les villages ou communes à résistance : confère  tableau ci-dessous.

Tableau 8 : zones de résistance à  l’excision 

PROVINCE

COMMUNES

VILLAGE DE RESISTANCE

 

PONI

 

 

 

Boussera 

Boussera, Donko, Sourapera

Djigouè

Hèlentira, Bourio, Barwèdara, Dompo, Moulpo, Saramassi gan, Kankogno,

 Gaoua 

Gbakonon (Gaoua sect N°2),Bonko Perou, lahol, Nyampira, Kimpi, Balentira

Gbomblora

Doudou Birifor, wirko, koura, sorkoun, pombilé, bonkatier, lombilè

Loropeni :

Obiré, Louora, Boptan, Nambi, Loropéni, Toîbé, Kassita

Nako

Mara, Babière, Koubèra-Poura.

IOBA

Zambo

Manoa, Gbonko, hameau de culture de Zambo, hameau de culture de Gbonko.

BOUGOURIBA

Diébougou 

secteur 7, quartier mossi AVV3, Dankoblé, Tansié.

Nioronioro 

Ioronioro, Kpabaloro, Yèrèra, Diassara, Guero, Gomgombiro

Tiankoura

Kanseo, Tiopanao, Sibiro, Tiankoura, Kpolo, Gnimbissero, Minao, Werintira.

NOUMBIEL

Batié

Kouba, Banaba, Maala, Batié centre, Domatéon, Donko

Midebdo

Bouderadouo, Samgbatora, Sékou, Banaka, sekamo, Dangboara, Bideradou.

 

                

             Le constat qui se dégage au regard de ce tableau est que la pratique de l’excision existe toujours dans certaines localités de la région du Sud-ouest. A l’exception de la province du Ioba où les zones de résistance n’existent que dans la commune de Zambo, la province du Poni bat le record, car sur dix communes que compte la province, six (06) sont toujours concernées par cette pratique dans la clandestinité. Vient en seconde position la province de la Bougouriba puis celle du Noumbiel.

NB : pendant que nous finalisons la rédaction de ce rapport, des cas d’élèves filles excisées dans le village de Gbakonon (commune de Gaoua) ont été découverts et dénoncés à la gendarmerie.

 

III.6-Les raisons possibles de la résistance de ces zones

       Les raisons  qui expliquent l’existence de ces zones de résistance seraient entre autre :

-L’influence des villages des pays frontaliers de la Côte d’Ivoire et du Ghana : les populations des communes frontalières aux pays voisins contournent la loi en amenant leurs enfants dans les villages du Ghana et de la Cote d’Ivoire où elles  y pratiquent l’excision dans la clandestinité.

-Les raisons économiques : l’état de pauvreté des femmes qui pratiquent l’excision et qui veulent en faire une activité commerciale génératrice de revenus (frais liés à la pratique de l’excision).

    -La tradition et les pesanteurs socioculturelles : le poids des coutumes car la population du Sud-Ouest est a majorité animiste.

   -Les rites de l’initiation (Djoro, Bour)…

   -L’ignorance des pratiquants sur les conséquences de l’excision ;

-L’insuffisance des campagnes de sensibilisation par les associations et les ONG.

III.7   INTERVENTION DES ASSOCIATIONS

On constate qu’une multitude  d’associations ou groupements dans la région du Sud-ouest, sont engagées dans la  lutte contre la pratique de l’excision dans les  villages des communes. A l’exception des quelques villages enclavés, on constate que beaucoup de campagnes de sensibilisation ont été faites dans plusieurs villages  d’où un engouement des différentes associations, groupement ou ONG à lutter contre ce fléau dans la région du Sud-Ouest. Même si ces associations ne disposent pas de moyens équitables et suffisants pour mener le combat, les stratégies et les canaux d’information utilisés ont eu pour objectifs de faire  reculer la pratique. D’une commune à une autre, l’intervention des associations se présente comme suit :

Tableau 9 : Liste des associations ou groupements qui luttent  contre la pratique de l’excision dans la région du Sud-ouest 

PROVINCE

COMMUNES

 Liste des associations ou groupements 

 

 

 

 

 

 

 

PONI

Boussera 

APFG, groupement féminin, APASP, Promaco,  Previsar, ATT

Bouroum-Bouroum

APFG, association des veuves, association Sibanè Tangba Kèssa, Sinya -sigui, Association Vie Solidaire, APASP. Promaco,  Previsar

Djigouè

APFG, AJDCD Promaco,  Previsar

 Gaoua 

APFG, APASP, Association tout pour tous, association jeunesse espoir, association des coutumiers, Promaco,  Previsar

Kampti

APFG, UJA, DEFR, GFK, PROMACO

Gbomblora

APFG, Voix de femme, Promaco

Loropeni :

APFG, AGBB, sababougnouma, ATT,

Périgban

APFG

Malba

APFG

Nako

APFG,  groupement des femmes, zestaaba, Relwendé, coordination communale des femmes, Djiguitougou, AVT,  Association Boissido.

 

 

 

IOBA

Zambo

association environnement mère et enfants de forotéon ; association des jeunes scolarisés de zambo et groupement Gnow-taar, association des femmes de Zambo groupement Var sir ttcheré ; association chefs coutumiers de Zambo, groupement Tiè-taar, association Laonzi, association des femmes de Tovor, association Gou-fouu-touera agbèmilè, association Tèrè à la solidarité.

Dissin

association des jeunes de la colline, AJC, APT, vie solidaire, association des femmes, cvls, asc, wagnè,ajs

Dano

wontaa nivielo, tagnè nibafoo-wani, irèodibaa, belignè gnowgou, laotaa pouo, santouo, zooir, groupement daao, tchietaa, sowti, tortour, vregouor, gnonkan yir.

Oronkoua

association Tièta, groupement Saougnè, Prosad, association des coutumiers du Ioba

Ouessa

coordination de l’association PAGISIN FETOORA

Koper

Promaco,  Previsar ,CVD

Niégo

UGVF Vourtour, AME, Promaco,  Previsar

BOUGOURIBA

Diébougou 

association des femmes de Dano, association, Fahitoura de Dissin, MBDHP (division femme/enfants), Benkadi Nayo, ujfrad, Fadefeso, Aevjf, église catholique, coordination communale de femmes, IKA de Bapla, Teoumalou de Bapla Birifor

Nioronioro 

association Fadeouiré, association Faziman, Relwendé

Tiankoura

comité villageois de lutte contre l’excision, (noyau relai)

Dolo

ADESED, Djiataranro, groupement Bine, Pkiwon, Tievihiye Bouon

Bondigui

troupe théâtrale Lera, CVLS, GVF, CVLS/IST

NOUMBIEL

Batié

association maalka, wotar yir, AJDB coordination provinciales des femmes.

Midebdo

Bloca, APFG, boulokiana, AFm

Boussoukoula

groupement Silèka AJDB, AFDC

Legmoin

sonti yelabe, AJDCL, association Poutiérou, Koregan,groupement Ignin.

Kpéré

PROMACO

 

Au nombre de ces associations, on constate la présence de l’APFG dans presque toutes les communes de la région, suivie de PROMACO dans la lutte contre la pratique.

III.7.1Appréciation des stratégies de lutte contre la pratique de l’excision, utilisée par ces associations ou groupements.

              Les stratégies utilisées par les associations, groupements et ONG sont persuasives à travers la sensibilisation. Ces stratégies diffèrent d’une association à une autre, d’une commune à une autre et sont multidimensionnelles. Les canaux utilisés sont : la boîte à images, les causeries débat, le  théâtre forum, l’animation de groupes dirigés, les causeries éducatives, le ciné débat, les jeux radiophoniques, les émissions radio, les projections vidéo, les causeries à domicile, les jeux concours…Les stratégies utilisées sont adaptées aux réalités du village.

A cela s’ajoute les rencontres d’information, les échanges directs avec les femmes des groupements et association en vue de valoriser la fille non excisée. Il ya aussi le dépôt de couteaux par les exciseuses qui est une sorte de prestation de serment de ces exciseuses pour l’abandon total de la pratique (stratégies utilisées par l’APFG).

             L’appréciation des enquêtés relative aux différentes approches utilisées, a précisé que la sensibilisation (par la radio, le théâtre forum, les boîtes à image, les échanges directs, la projection vidéo…), est la meilleure approche. L’une des approches qui a eu du succès mais qui est propre à l’APFG seule, est l’organisation de dépôt de couteaux par les exciseuses.

De l’avis des enquêtés, en terme d’efficacité, la sensibilisation directe par le théâtre forum, les causeries à domicile, la parenté à plaisanterie, serait la mieux indiquée, car elle permet de mieux convaincre les populations à l’abandon de la pratique, tout en évitant que la pratique ne se fasse dans la clandestinité.

III.7.2  ETAT DES LIEUX DE LA PRATIQUE DE L’EXCISION

    III.7.2.1 Situation actuelle

Lorsqu’on se réfère à la situation des années avant l’adoption de la loi réprimant l’excision, on constate de nos jours, un net recul de la pratique de l’excision, même si la tendance actuelle est la pratique dans la clandestinité. Cette amélioration de la situation est due certainement à une prise de conscience des populations des conséquences néfastes de la pratique de l’excision. Malgré la régression de la pratique de l’excision dans certaines localités, on constate que le nombre élevé  de zones de réticence est perceptible dans la province du Poni.      

Tableau 10 : situation actuelle de la pratique de l’excision

PROVINCE

COMMUNES

Etat des lieux : situation actuelle de la pratique de l’excision

 

 

 

 

PONI

Boussera 

abandon progressif de la pratique

Bouroum-Bouroum

changement positif, suppression, prise de conscience.

Djigouè

régression

 Gaoua 

changement de comportement, recul, prise de conscience,malgré quelques cas.

Kampti

régression de la situation, appréciation positive de la lutte

Gbomblora

message compris par certains villages et quartiers (réticence  dans le village de Doudou Birifor)

Loropeni 

prise  de conscience, des méfaits de l’excision, situation assez bonne, presque abolie, poursuite des sensibilisations  et des causeries

Périgban

prise  de conscience  des méfaits de l’excision, situation assez bonne, presque abolie, poursuite des sensibilisations  et des causeries par les conseillers et les leaders communautaires.

Malba

prise de conscience, évolution, épanouissement de filles

Nako

abandon progressif de la pratique

 

IOBA

Zambo

 prise de conscience, plus d’ampleur, changement de mentalité

Guéguéré

meilleure, 60% de filles non excisées, prise de conscience, beaucoup de dénonciation

Dissin

amélioration, plus d’excision

Dano

abandon, promesse de dépôt des couteaux, peur d’exciser, beaucoup de changement, rejet des couteaux, pour éviter la prison, régression

Oronkoua

plus d’excision, changement positif, amélioration

Ouessa

bonne compréhension, prise de conscience

Koper

fierté des jeunes, moins de maladies, accouchement facile

Niégo

prise de conscience, plus d’ampleur, changement de mentalité

BOUGOURIBA

Diébougou 

recul considérable, prise de conscience (90%) tendance à la baisse, réduction du taux 

Nioronioro 

plus d’exciseuses, recul abandon progressif

Tiankoura

abandon, prise de conscience

Dolo

situation neutralisée,  pratique en baisse

Bondigui

interdiction, tous contre l’excision, pratique bannie, engagement de la population.

NOUMBIEL

Batié

interdiction de l’excision, amélioration de la situation, abandon progressif

Midebdo

baisse considérable

Boussoukoula

recul, la pratique est interrompue, prise de conscience, abandon total, disparition

Legmoin

changement de comportement, recul, prise de conscience.

Kpéré

 les exciseuses sont décédées.  ce n’est qu’un souvenir, prise de conscience avec les sensibilisations

Contrairement aux premières informations recueillies dans la commune de Périgban, où il était question d’une situation alarmante, une enquête complémentaire a révélé que le conseil communal a fait de la lutte contre la pratique son cheval de batail, par une implication effective de tous les conseillers et leaders communautaires dans la lutte par une délibération spéciale en session de conseil.

D’une commune à une autre, il ressort que la pratique de l’excision a connu une évolution significative vers l’abandon, comparativement à la situation il ya de cela cinq (05) ans c’est à dire celle de  2008.

III.7.2.2 Situation il ya de cela cinq ans (2008).

La situation de la pratique de l’excision en 2008 dans beaucoup de communes du Sud-Ouest, particulièrement dans la province du Poni, même si elle n’était pas catastrophique, était très fréquente et n’était pas clandestine dans certain villages malgré la loi. La sensibilisation des différents acteurs et population par les associations et ONG sur les conséquences de l’excision a été positivement appréciée par les enquêtés et serait d’une grande efficacité du recule de la pratique il  ya de cela cinq ans. Confère tableau ci-dessous.

Tableau 11 : situation il y a 5 ans c’est-à-dire en 2008. 

PROVINCE

COMMUNES

Situation de la pratique de l’excision il ya cinq (05) ans

 

PONI

Boussera 

alarmante

Bouroum-Bouroum

Néant

Djigouè

Difficile, dure

 Gaoua 

pratique fréquente, situation alarmante dans les villages reculés

Kampti

Faible participation des populations

Gbomblora

Pratique existante, mais dans les hameaux de culture

Loropeni :

Pratique existante, mais dans les hameaux de culture

Périgban

Insuffisance d’informations et de sensibilisation, pratique fréquente  dans la clandestinité

Malba

RAS

Nako

la pratique était très fréquente dans plusieurs localités

IOBA

Zambo

Néant

Guéguéré

98% des filles étaient  excisées, pratique fréquente, la catastrophe.

Dissin

baisse

Dano

pratique considérable, mauvaise compréhension de la population, message non compris, doute, pratique clandestine dans certains quartiers de la ville

Oronkoua

NEANT

Ouessa

Néant

Koper

Néant

Niégo

pratique fréquente

BOUGOURIBA

Diébougou 

pratique fréquente taux élevé

Nioronioro 

Néant

Tiankoura

abandon, prise de conscience

Dolo

Néant

Bondigui

pas d’excision en 2008 exciseuses   sont décédées

NOUMBIEL

Batié

pratique en cachette

Midebdo

beaucoup pratiqué situation alarmante

Boussoukoula

pratique courante de l’excision dans les villages  (existence totale de la pratique)

Legmoin

existence, incompréhension, 70% de la population était favorable.

Kpéré

pratique abandonnée depuis 2008, dans la commune, mais  existant dans les villages environnant.

 

 

 

III.7.2.3 Difficultés rencontrées 

Les difficultés rencontrées dans la lutte contre la pratique de l’excision par les associations et ONG dans la région du Sud-Ouest seraient entre autres ; l’inaccessibilité de certains villages, qui explique le manque de sensibilisation dans ces villages, l’hostilité de certaines populations à la sensibilisation, le manque de moyens matériels, financiers et logistiques. La mauvaise répartition des moyens de lutte par l’état aux associations engagées. Le non adhésion de certains chefs de famille et responsables coutumiers et le refus des parents de s’informer  sur les conséquences de l’excision.

III.8  SOLUTIONS ET SUGGESTIONS POUR METTRE FIN A LA PRATIQUE

       Les solutions et suggestions faites par les enquêtés pour renforcer et améliorer les stratégies  de lutte contre la pratique de d’excision pour son abandon dans la région du Sud-ouest portent surtout sur :

-les approches (redéfinir les approches),

-les personnes à impliquer,

-les canaux à utiliser (diversifier, multiplier  et intensifier les canaux),

-l’application stricte de la loi,

-les messages à privilégier.

            Cependant 88% des personnes enquêtées pensent que l’on peut faire reculer, voire  mettre fin à la pratique si on respecte strictement un minimum de dispositifs dont :

III.8.1 Les approches à mettre en place

            Des propositions relatives à la stratégie de proximité ont été faites. Elle consiste à faire en sorte que l’information soit accessible à tout le monde et qu’elle soit de bonne qualité. Et pour cela ces personnes suggèrent la dynamisation ou la création de structures déconcentrées, de lutte contre la pratique, dans tous les villages, secteurs, hameaux de culture. L’efficacité et la réussite de cette approche consistera à former d’avantage les membres de ces structures et les sensibiliser suffisamment afin qu’ils soient imprégnés des conséquences néfaste de l’excision. Car ceux qui pensent qu’on ne peut pas mettre fin à la pratique représentent 12% des enquêtés et estiment que cela est due au poids de la tradition, à l’ignorance et à la mauvaise compréhension de certains acteurs.

           Pour ceux qui pensent que l’on peut lutter contre la pratique de l’excision, ils préconisent  comme stratégies: l’usage la parenté à plaisanterie, le porte à porte, la valorisation de la fille non excisée afin de convaincre d’avantage celles qui sont toujours dans le doute et privilégier la communication interpersonnelle.

III.8.2 Les personnes à impliquer.

             De l’analyse des points de vue des enquêtés, on peut conclure que si la pratique de l’excision est en recule c’est due aux multiples sensibilisations sur le terrain qui font cas des nombreuses conséquences  qui découlent de la pratique. Cependant il existe des zones de résistance où la pratique persiste encore malgré les nombreuses sensibilisations et l’existence de la loi. Avec l’interdiction de la pratique de l’excision et l’application de la loi, on constate que les populations la pratique en cachette. Cette clandestinité rend la lutte difficile  et exige une implication d’un certain nombre de personnes dans le village pour la lutte. Il s’agit : des femmes âgées et influentes dans le village, des agents de santé, des exciseuses ciblées,  des autorités administratives, coutumières et religieuses du village, des conseillers municipaux, les chefs traditionnels (chefs d’initiation). Ces personnes à impliquer doivent être informées, formées et doivent être convaincues de toutes les actions à entreprendre dans le village contre la pratique.

Mettre des points focaux par village et par secteurs et utiliser les ex-exciseuses dans les séances de sensibilisation pour convaincre les autres.

III.8.3 Les canaux à utiliser

Les canaux à utiliser les plus efficaces dans la lutte contre la pratique selon les enquêtés sont ;les supports utilisés à travers les campagnes de sensibilisation tels : les projections vidéo suivi de débats, les théâtres forums, les émissions radio, l’organisation de journées de réjouissance (de valorisation de la fille non excisée) lors desquelles des engagements concrets seront pris par des vieilles exciseuses chaque six mois.

L’insertion des MGF dans le programme officiel de l’enseignement et le suivi médical des filles de la naissance jusqu’à 12, 13 ans.

 Si l’on convient avec certaines exciseuses que c’est le contexte de pauvreté qui fait qu’elles pratiquent l’excision, il faut créer des Activités Génératrices de  Revenus (AGR) pour ces ex-exciseuses pour une  bonne reconversion et les suivre dans leurs nouvelles activités.

Comme alternative, soutenir  la ‘’cérémonie  d’immolation de poussin’’ des exciseuses, pour l’abandon total de la pratique.  Car c’est une cérémonie qui permet aux exciseuses de s’excuser auprès des ancêtres (fétiches), de signer des pactes avec les ancêtres pour renoncer à la pratique. Le non respect du pacte serait cause de sanction divine ou de malédictions.

 

III.8.4 L’action de l’état par son implication dans la lutte contre la pratique.

          La responsabilité de l’état devrait être de premier rang dans la lutte contre la pratique de l’excision à travers les actions concrètes et visibles du  Programme National de lutte contre la pratique de l’excision et Secrétariat Permanent en vu d’éradiquer la pratique par : 

ü  La mise à la disposition de moyens matériels, financiers et logistiques conséquents aux associations et ONG engagées dans la lutte contre la pratique ;

ü  La motivation des acteurs terrains engagés dans la lutte contre la pratique ;

ü  L’insertion des MGF dans les programmes officiels de d’enseignement ;

ü  Le suivi réel des différentes activités de lutte contre la pratique ;

ü  La création  des AGR pour les ex- exciseuses et leur suivi ;

ü  La mise en place d’une stratégie de bonne collaboration inter Etats ;

ü  L’organisation de journées régionales, provinciales et communales de valorisation de la fille non excisée.

III.8.5 l’application stricte de la loi

L’application de la loi contre la pratique de l’excision devrait être le dernier recours pour lutter contre la pratique. En principe si toutes les approches sont utilisées comme il se doit, la pratique devrait prendre du recul. Mais s’il faut faire recours à la répression, il faudra mettre en place un comité de veille par village qui travaillera à dénoncer les exciseuses. Informer, sensibiliser et conscientiser ceux ou celles qui pratiquent ou encouragent la pratique, ainsi que ceux qui insultent et se moquent des filles non excisées (car,  ils sont les incitateurs à la pratique de l’excision).  Impliquer efficacement les chefs de ménage dans la lutte contre la pratique car ils détiennent la décision d’exciser dans le manage. Appliquer rigoureusement la loi réprimant la pratique à l’endroit de fautifs et des complices.

IV CONCLUSION

              La présente enquête qui a pour objectifs de fournir des données de base pour identifier les raisons et les fondements liés à la persistance de la pratique de l’excision, a connu une adhésion totale et une participation active des personnes impliquées, du point de vu même de son originalité. La pertinence des réponses des personnes enquêtées montre l’engagement de la communauté dans la lutte contre ce fléau.

Les résultats attendus à la fin de l’enquête, ont permis de trouver des raisons qui soutiennent la persistance de la pratique de l’excision dans la région du Sud-ouest mais aussi de  déceler les localités les plus exposées à la pratiques par villages, par commune et par province.

Au regard de ces résultats, il ressort très clairement que pour vaincre cette pratique, il faut une bonne politique nationale et locale en matière de lutte contre les mutilations génitales qui tient compte des pesanteurs socio culturelles, car la pratique est devenue clandestine et transfrontalière. Une des raisons fondamentales de la résistance de la pratique repose essentiellement sur le respect des us et coutumes  et le désir communautaire de contrôler la sexualité des femmes.  Cependant, les acteurs qui mènent le combat sont unanimes que la lutte contre la pratique de l’excision à des lueurs d’espoir si on réoriente les actions vers les zones ciblées et s’il ya une synergie d’actions aussi bien de l’état des associations, des ONG et de la communauté entière et une intensification de campagnes d’information et de sensibilisation. L’un des facteurs à prendre en compte, est l’adaptation des messages au public cible, car les messages pour la  promotion de l’abandon de l’excision pour être acceptés par la communauté doivent être débarrassés de toute connotation, de jugements dévalorisant les us et coutumes des différentes sociétés.  

  

RECOMMANDATIONS

La pratique de l’excision dans la région du sud-ouest connait un léger recul dû aux efforts des associations et ONG à travers leurs multiples campagnes de sensibilisation. Les recommandations faites à travers cette enquête visent d’une part à corriger certaines insuffisances liées aux sensibilisations, et d’autre part renforcer les aspects positifs liés à la lutte. A l’issue de l’enquête, on note les recommandations suivantes : 

*     Mettre l’accent sur les approches de proximité ;

Cette stratégie consiste des communications directes  interpersonnelles pour aboutir à un changement réel de comportements. L’approche de proximité peut se faire à travers, les conseils à domicile et consistera à convaincre davantage les la population, les ménages, sur les conséquences néfastes de l’excision. Elle aura pour finalité de responsabiliser les populations sur le choix qu’elles auront à faire exciser ou pas leurs filles au regard des multiples conséquences portées à leur connaissance.

*     Adapter les messages aux groupes cibles ;

Cette recommandation consiste à clarifier, adapter les messages pour la promotion de l’abandon de la pratique de l’excision au public cible mettant en relief mécanismes, les effets néfastes et les conséquences néfastes de l’excision. Ces messages, pour être efficaces doivent être adaptés au public, convaincants et se débarrasser de tout jugements dévalorisants les us et coutumes des différentes localités ou milieux de sensibilisation. 

*     Impliquer d’avantage les leaders communautaires 

Pour rendre plus fonctionnelles et dynamiques les structures décentralisées de lutte contre la pratique, il faudra faire appel à des personnes ressources telles : les anciens fonctionnaires à la retraite, les  chefs traditionnels, les élus locaux et surtout les responsables religieux et coutumiers qui jouissent d’une certaine confiance au sein des communautés, … ;

Dans beaucoup de localités, les leaders communautaires au delà de leur prise de position même s’ils condamnent la pratique de l’excision, ne sont pas pleinement impliqués dans la lutte contre la pratique de l’excision. Leur implication effective pour la promotion de l’abandon de la pratique sera établie si des stratégies sont mises en œuvre pour les amener à se prononcer publiquement contre la pratique de l’excision.

*     Créer un environnement social favorable à l’abandon de l’excision ;

Cette approche consiste à créer un cadre permanent d’échange  (comité de veille) de lutte contre la pratique. Elle consistera à offrir des opportunités aux membres de ce comité d’empêcher la population de subir l’excision par la reconversion des ex-exciseuses. Procéder à une réhabilitation socioéconomique des ex-exciseuses et promouvoir des AGR à leur   profit et les suivre dans cette nouvelle activité.

Mettre en place des systèmes qui pourraient valoriser l’image de la femme non excisée.

*     Renforcer les stratégies d’approche de lutte contre la pratique;

Rendre permanentes les actions de lutte contre la pratique à travers les sensibilisations communautaires.

Rendre autonomes et fonctionnelles les structures déconcentrées de lutte en formant d’avantage les membres de ces structures (Provinciaux, communaux et villageois). Outiller les membres de ces structures déconcentrées en stratégies de lutte appropriées adaptées à chaque localité.

Faire des lobbyings auprès des chefs de famille et des leaders communautaires en vue de faire connaître le rôle prépondérant qu’ils jouent dans la prise de décision relative à la pratique de l’excision.

*     Renforcer les capacités opérationnelles des institutions  de lutte contre la pratique de l’excision.

Renforcer les acquis des institutions de lutte contre la pratique sur la base des besoins préalablement définis. Analyser et pérenniser les acquis des institutions et des associations de lutte contre la pratique de l’excision en les dotant de moyens suffisants.

Mettre en place dans les communes frontalières au Ghana et à la Côte d’Ivoire, une stratégie transfrontalière de lute contre la pratique en créant un comité transfrontalier de veille et de lutte contre la pratique.

Créer un comité scolaire de lutte contre la pratique de l’excision dans tous les établissements scolaires et secondaires.

 

 

 

 

 

 

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